Les dernières semaines ont été prolifiques au niveau de mes sorties au cinéma. J'ai donc deux films à vous recommander, à savoir : Control, sur le début et la fin de Joy Division; et I'm Not There, sur les vies et facettes multiples, réelles ou imaginaires, de Bob Dylan.
Bien évidemment, avec une telle bande originale, pour l'un comme pour l'autre, il était difficile de ne pas obtenir des résultats captivants. Mais pour en faire des chefs d'oeuvre, il faut réussir à transmettre tout le côté dramatique et fataliste (Control) de la création ou bien la poésie de vies dans une vie (I'm Not There).
Cela demande tout d'abord une image rigoureuse.
Control fait ressortir une atmosphère noire et pluvieuse; les scènes de concert sont troublantes de vérité. L'image d'Anton Corbjin, associée à une grande bretagne humide, sert parfaitement l'univers de Ian Curtis tel que décrit par Deborah Curtis. On se sent rapidement enfermé à la fois dans la froideur du noir et blanc et dans la petite ville anglaise; même lors des excursions du groupe vers l'extérieur. Les plans sont assez longs, et l'image traduit déjà à elle même une sorte d'oppression dont l'on aimerait pouvoir extraire Ian.
A l'opposé, I'm Not There se déroule dans la campagne américaine, verdoyante et inhabitée; dans des garden party anglaises; dans une salle d'audition; dans un petit village menacé d'extinction. Des univers parallèles, servant des vies multiples qui font rêver ou au contraire qui terrifient. Mais à chaque fois la photo sert le film d'une manière différente mais juste. Noir et blanc à fort grain à certains moments, image claire, colorée, numérique dans les scènes des champs... on assiste à des changements d'univers et de techniques hyper fréquents grâce à un montage sur-dynamique. Comme dans un rêve; que l'on a envie de rejoindre.
De belles images, de beaux discours, de belles musiques font de ces deux oeuvres des spectacles à ne pas manquer; de préférence dans les salles obscures. Faites vite, le nombre d'écran les diffusant ne cesse de diminuer.
Je plussoie complètement sur Control, très bien, très musicalement qualitatif, très beau, très émouvant, mais très triste aussi :'( J'ai trouvé la fin un peu dure personnellement, mais je n'étais clairement pas dans le bon mood pour subir une fin si radicale :)
En plus j'ai trouvé les interprétations du film largement meilleures que les originales, allez savoir pourquoi la voix du chanteur de Joy Division m'insupporte oO
Quant à I'm not there, je ne l'ai pas encore vu, mais c'est en projet :)
Et je rajouterai une petite mention pour Across the universe dans la catégorie des films musicaux de cette fin d'année, qui m'a littéralement bouleversé O_O Des émotions, de la mélancolie, des trips psychédéliques, tout ça relevé par les Beatles, et une réalisation, une photo, un jeu d'acteur sans faute O_O Son seul inconvénient est de n'être sorti que dans très peu de salles, et d'être resté si peu de temps à l'affiche :/ On se consolera avec le DVD...