15 février 2012

Parcs d'activités

Avant de signer notre bail commercial à La Madeleine, une ville limitrophe de Lille (avec vue sur le beffroi de la CCI et à 10 minutes à pied de la gare Lille Europe), nous n'avons pas longtemps hésité.

Pourquoi ? Tout simplement parce que les parcs d'activité ne sont pas adaptés à la vie que nous souhaitons mener.

Nous faisons du logiciel. Le principal problème de la production de logiciels réside dans le recrutement de bons ingénieurs. Pour cela, il faut un environnement de travail agréable. A défaut de pouvoir proposer un bureau à Palo Alto, lumineux et au soleil, à nous de compenser avec de la verdure (des arbres, des parcs) et une vie sociale urbaine (des bars, des restaurants).

Il faut savoir qu'en tant qu'employeurs, nous sommes en compétition directe avec des gens comme Google qui eux, ne plaisantent pas du tout sur les moyens pour fournir une expérience de vie agréable au travail.

Il nous faut également, de manière indispensable, de la fibre optique. C'est un des nouveaux critères de choix. Dans très haut débit garanti, nous ne pouvons pas travailler correctement.

En tant que société possédant une force de vente, il nous faut également être proche des moyens de transport nationaux : l'autoroute, certes, mais surtout le train et l'avion. Nous pouvons être le matin au bureau et en début d'après midi dans le fin fond des Pyrénées.

Nos critères techniques de choix étaient donc donc les suivants :

  • Pouvoir être dans un TGV en 10 minutes
  • Pouvoir être dans la navette de l'aéroport en 10 minutes
  • Des locaux fibrés avec des opérateurs raisonnables (moins de 200€/mois).

Pour bien vivre notre activité, il nous faut aussi :

  • De la hauteur sous plafond
  • De la lumière
  • De la verdure
  • Du calme

Et du point de vue pratique et social :

  • Une proximité immédiate avec les transports en commun ferrés (Métro & Tram)
  • Pouvoir choisir entre au moins une dizaine de lieux sympas à moins de 10 minutes à pied pour manger le midi
  • Pouvoir boire des bières belges le jeudi soir en allant dans le coeur de Lille en moins de 10 minutes de marche

Pour le moment nous avons trouvé tous ces éléments. Sauf l'un des plus importants : la fibre.

En effet, nos locaux sont au calme, mais ce calme se paye par la localisation : nous sommes à quelques centaines de mètres d'un immeuble fibré. Quelques centaines de mètres de trop.

20 novembre 2011

Sur la poursuite du profit

For managers trained in traditional business school thinking, the idea that pursuit of profit is the problem, rather than the solution to the economy's problems, may come as a shock.

Clayton Christensen: How Pursuit of Profits Kills Innovation and the U.S. Economy

Je vois une très belle corrélation entre cet appel et le monde de l'entreprise en France. Et plus particulièrement avec celui des sociétés de service en ingénierie informatique (SSII) qui continuent de faire croire à leurs grands clients que la matière grise est une commodité. Mais ces clients sont également coupables, coupables de considérer que les activités de support de leur activité sont annexes.

J'attends toujours une explication sur comment on peut avoir des idées et créer de l'innovation avec des humains interchangeables. Les grandes innovations technologiques que nous utilisons de nos jours sortent des laboratoires de Bell Labs (Unix, l'ADSL...) ou de France Télécom.

Ce qui a marché là bas, c'était d'avoir des centaines, voir des milliers d'ingénieurs travaillant sur un nombre de sujets particulièrement vaste et ce pendant plusieurs dizaines d'années. C'est en ayant une connaissance très précise de la technique ou d'un métier qu'on peut avoir les idées capables de révolutionner un marché, voir le monde.

C'est en cherchant la rentabilité à court terme que l'on tombe dans les innovations de services. Là où l'on assemble divers composants techniques pour offrir une combinaison unique. Mais là où la création de technologies ou de connaissances demande du temps et une expertise, la création de services demande surtout de la force de travail.

Et notre force de travail, sur nos vieux continents, est de moins en moins experte. Pendant ce temps, en Chine... c'est l'inverse. Une force de travail de plus en plus experte, formée par les meilleures écoles et surtout par les meilleures entreprises du monde occidental, arrive en âge d'elle aussi créer de nouveaux services.

En Europe et aux Etats-Unis, le monde est maintenant gouverné par les cabinets de consultants. Dans ces cabinets, de faux ingénieurs et de vrais diplômés d'écoles de commerces, qui ne cherchent ni à inventer ni à créer, continuent d'avoir des opinions standardisés. Malheureusement, ce sont eux qui conseillent les gouvernements et les grands décideurs. Sur une stratégie que l'on sait dépassée depuis au moins une vingtaine d'année : l'externalisation systématique des fonctions support.

13 novembre 2011

Budget et équilibre

L'économie est difficile à appréhender pour les néophytes. Alors histoire de mieux comprendre où vont les sous du budget 2012, Le Monde a mis une chouette infographie en ligne : projet de loi de finances 2012.

J'ai essayé de chercher un peu de documentation sur l'historique de la dette française, et il est n'est pas très facile de trouver des sources à la fois didactiques et qui présentent l'information de manière pas trop partiale. Mais j'ai trouvé ce planisphère du poids de la dette par pays très intéressant.

Autre point du débat, j'ai du mal à entendre dans le paysage politique français quelqu'un prendre position sur une stratégie de sortie durable de cette situation. J'imagine qu'il faut revoir pas mal de choses. Mais augmenter intelligemment les prélèvements et réduire intelligemment les dépenses, ça devrait être possible ?

Et je ne parle pas de rogner sur l'éducation, la R&D et le système social français. Car très clairement, il apparaît sur l'infographie du monde que ce n'est pas le déficit de la sécurité sociale qui pose problème et encore moins le budget de la culture. Par contre, la charge de la dette, c'est une autre histoire.

11 novembre 2011

Intégration continue Python-Django (avec Integrity)

Chez 9H37 et chez beaucoup de nos collègues artisans du logiciels, on retrouve la même envie : s'assurer de la qualité de nos produits.

Au long d'une journée chargée en développements, beaucoup de petites modifications doivent être testées. De manière la plus automatique possible, histoire que cela soit systématique. Nous exploitons le concept d'intégration continue.

Nous utilisions déjà GitHub pour ses fonctions de code reviewing, de notification, discussion et gestion de bugs. Ajouter un hook pour déclencher une batterie de test sur chaque modification d'un projet est extrêmement simple.

Les projets que nous développons reposent sur Django, un framework web en Python. Dans la recherche de notre serveur d'intégration continue, nous sommes passés par différentes étapes.

Pour commencer, nous avons utilisé buildbot jusqu'à la fin 2010. C'était un défi personnel et j'ai passé pas mal de temps à configuer les différents services esclaves. Il reste lourd à mettre en place et peu adapté aux configurations ne nécessitant qu'un seul environnement de test. A mon avis, il reste à réserver aux projets multi-plateformes.

Et j'ai découvert Integrity en suivant le blog de GitHub, qui a recruté Simon Rozet, l'un des développeurs. Integrity, c'est de l'intégration continue du type feu rouge ou vert. Soit votre batterie de tests passe, soit elle ne passe pas. Et si elle ne passe pas, vous recevez un e-mail. C'est extrêmement simple à mettre en œuvre. Et nous on aime le KISS.

Ensuite, jenkins. Après avoir vu le super tutorial de Jenkins-Django de Nicolas Perriault lors de la DjangoCong 2011, j'avais moi aussi envie d'avoir mes graphiques de couverture de mon code par les suites de test. En plus Jenkins vient d'un monde de l'Informatique d'Entreprise (tm). Il s'installe en deux paquets et trois clics. Revers de la médaille de tout outil (trop) complet (mais très puissant), la configuration et la micro-configuration nécessitent d'innombrables allez-retours dans l'interface d'administration.

Et j'ai re-découvert Integrity. Lors d'un gros manque de KISS hier soir chez 9H37, j'ai promis à Nicolas de revenir sur Integrity et de mettre Jenkins de côté.

Voici donc un tutoriel rapide pour installer Integrity sur une distribution Debian ou Ubuntu en quelques minutes :

  1. Lire la procédure officielle
  2. $ sudo apt-get install rubygem1.8 libsqlite3-dev libxml2-dev libxslt-dev
    $ export GEM_HOME=/home/integrity/.gems

  3. ne pas faire de checkout de la branche deploy : rester sur master ( git checkout master )
  4. après le clone du repository officiel et en attendant l'intégration du pull request :
    $ git remote add richmeyers https://github.com/richmeyers/integrity.git
    $ git pull --rebase richmeyers dependency-cleanup
Et voilà, il n'y a plus qu'à lancer, rajouter un projet en fournissant tout simplement l'adresse du repository et c'est parti !
Index des projets sous Integrity
Vue des projets, ici tout va bien.
Vue d'un projets sous Integrity
L'historique du dernier build.
Pour tester Django, nous utilisons un simple un script créant ou chargeant notre environnement virtuel et exécutant ./manage.py test .

24 octobre 2011

Retour de Paris Web 2011

J'ai eu la chance de pouvoir animer mon atelier sur le stockage de données personnelles lors de Paris Web 2011, à Télécom Paris. Il a pris place dans l'un des amphithéâtres où j'avais moi même usé mes fonds de pantalons quelques années plus tôt... 

Après avoir fait mon auto-critique, je me rends compte que j'aurai dû accentuer mes efforts sur la réduction de mon temps de parole et la maximisation des échanges avec la salle. Oui, c'était effectivement le but des ateliers. Mais de peur de ne pas avoir de questions, j'ai trop rempli ma présentation. Et de mal connaître mon auditoire, j'ai tenté d'aborder trop de sujets différents.

Essayer de mélanger éthique, légal, administration système et présentation des mentions légales était un brin ambitieux.
Dans la version 2 de la présentation, il faudra que je fasse un choix entre la technique et l'éthique. d'après les retours que j'ai eu des gens dans la salle; l'éthique aurait mieux convenu au public de ParisWeb. Les points d'interrogation ont porté sur comment présenter l'information pour faire en sorte qu'un utilisateur envie de quitter le service puisse le faire facilement, rapidement mais sans porter préjudice au contenu collaboratif.

Car la question qui reste ouverte mélange à la fois l'informatique, les libertés et le droit d'auteur. Comment traiter les demandes de suppressions ou de modification de commentaires, en provenance de l'auteur original du message ? Car un commentaire est très souvent intégré dans le fil d'une discussion et l'altérer ou simplement le modifier risquerait bien de modifier la suite de la discussion.

C'est un exemple, il y en a beaucoup d'autres, très différents, qui agitaient les neurones de mes auditeurs. C'est le signe que ces questions, tout comme le droit à l'oubli, sont bien présentes dans les réflexions de beaucoup d'artisans du web. Il faut donc continuer à réfléchir en communauté sur ces problématiques. Et peut être imaginer des ateliers totalement ouverts, sans support.

Un peu comme la présentation de David Larlet sur l'Open Data, que j'ai trouvé à titre personnel assez excellente (mais lui, non). Beaucoup de thèmes devaient être abordés en peu de temps, mais j'aurai beaucoup aimé assister au même exercice, mais avec plus de temps et dans une salle avec une configuration légèrement plus ovale.

Sur les autres conférences, beaucoup de choses super intéressantes, mais énormément de culture générale. C'est en effet une excellent, voir obligatoire, pour les nouveaux arrivants dans l'industrie du web. Il faut leur enseigner dès le début les bonnes pratiques. Par contre, je suis resté sur ma faim au niveau technique. J'aurai aimé plus de code, plus de détails d'implémentation, plus d'histoires épiques de luttes acharnées entre les exigences des clients et les possibilités des navigateur.

Par contre, les deux jours de conférence n'ont, à mon humble avis de spectateur, connu aucune défaillance. Bon rythme, bonne synchronisation entre les salles et un catering au top. Vraiment, l'équipe de ParisWeb m'inspire énormément de respect. On sent vraiment l'expérience des années mais surtout un investissement personnel vraiment au top.

Au final, ça m'a donné encore plus envie de travailler sur un concept de conférence one-track, three frameworks. Destiné aux plombiers et menuisiers du web. :

  • One-track : un grand amphi ;
  • Three frameworks : des conférenciers RoR, Django et d'un framework PHP ;
  • Code : des ateliers avec du code dedans.
Le but étant que tous, adeptes ou utilisateurs par défaut, puissent voir les mérites et implémentations différentes de mêmes concepts. A Lille en 2012 ? 

24 août 2011

Paris Web 2011

Je serai à Paris Web 2011 pour assister à tout un tas de conférences et d'ateliers, mais aussi pour animer un atelier de 30 minutes autour du stockage de données personnelles : Stockage anodin de données personnelles : conciliez légal et éthique.

Après deux ans passés à réfléchir à comment stocker des données de santé en conciliant tous les aspects techniques et réglementaires, je commence à avoir une bonne connaissance du dossier.

En discutant avec des petites agences, des micro-éditeurs et des hébergeurs, j'ai constaté que tout le monde avait du mal à savoir quelles données conserver et comment, afin d'éviter tout problème avec la police ou la gendarmerie et de rester en conformité totale avec la CNIL.

Ca sera l'occasion de faire un point sur les durées et les méthodes à mettre en oeuvre, du CMS au moteur de blog en passant par l'hébergement sur serveur dédié. J'essayerai d'intéresser le plus de monde, aussi bien débutants qu'administrateurs confirmés. Je serai disponible pour discuter du sujet pendant toute la durée de Paris Web !

22 août 2011

En vacances, cornouailles et lectures

Je lis "Once You're Lucky, Twice You're Good: The Rebirth of Silicon Valley and the Rise of Web 2.0 " de Sarah Lacy. Un livre qui date un peu (2008 !) mais qui raconte plein d'anecdotes et d'histoires sur les rencontres entre les fondateurs mythiques de la Silicon Valley. Qui est vraiment Marc A ? Quel est le passé extraordinaire de Max T. ou Peter T. ...

Une lecture qui renforce un peu l'envie d'entreprendre et même d'aller tâter du venture capital, ce qui pour le moment n'était pas vraiment notre objectif. En effet, nous sommes avec mon associé de la mouvance frugale, plutôt du type 37 signals (Rework ou Getting Real) mais le domaine médical a ses contraintes propres qui nécessitent certains moyens.

A voir dans les prochaines semaines avec la rentrée sur Lille.

En attendant, je reviens tout juste d'un tour de la côte sud-est de l'Angleterre, entre Devon et Cornouailles. Les Cream Teas et plus particulièrement la clotted cream m'ont laissé un souvenir plus chaleureux que les côtes et les vagues déchaînées sous la pluie et le vent. 


West Lulworth, Devon

26 juillet 2011

9H37 emménage dans une nouvelle maison

9H37 s'est trouvé une nouvelle maison. Nous venons en effet de louer et d'emménager dans un superbe plateau de 120 mètres carrés à quelques centaines de mètres du Vieux-Lille.

Ces locaux reflètent toutes les valeurs que nous essayons de défendre au quotidien. Pas de salle de réunion, un maximum d'espace par personne, la possibilité de s'isoler en fermant une simple porte, de la lumière et surtout de la hauteur sous plafond. Ce dernier point est une denrée très rare rare dans l'immobilier d'entreprise, surtout une fois le périphérique Parisien dépassé.

La sieste est également la bienvenue, avec une pause de 20 minutes tous les jours, comptabilisée dans le temps de travail de tous, y compris les stagiaires.

Nos projets carburent également.

Nous proposons maintenant aux éditeurs et établissements du domaine de la santé voulant créer des solutions web compatibles Sesam-Vitale une solution leur permettant de dialoguer en JavaScript dans un format de données standard, JSON. Cette solution est disponible sous licence dès aujourd'hui.

Elle gère toutes les opérations de lecture, de génération de Feuilles de Soin Electroniques (FSE), de Demandes de Remboursement Electroniques (DRE) mais aussi de communication avec les Terminaux Lecteurs Applicatifs (TLA). Tout cela sur l'ensemble des systèmes d'exploitation officiellement supportés par Sesam-Vitale : Windows, MacOS X et GNU/Linux.

Un autre produit est disponible et maintenant proposé en SaaS : 9H37 jul14. Une application web permettant de remplir et générer automatiquement un dossier de pré-examen ou d'examen à soumettre dans les normes du Centre National de Dépôt et d'Agrément (CNDA).

On ne s'arrête pas là, nous préparons activement pour 2012 une solution commerciale d'hébergement de données de santé et ce en collaboration avec quelques étoiles montantes du monde de l'Internet. A suivre.

18 avril 2011

Djangocong : retour d'expérience application santé

J'étais le 16 avril au Djangocong 2011, à Marseille. L'occasion de mettre le pied dans une nouvelle ville et d'améliorer ma connaissance parcellaire de tout ce qui se trouve au sud de la loire. J'avais un peu honte de mieux connaître la Bay Area que la France.

La conférence était géniale, probablement grâce à sa taille : nous étions en petit comité de 50 personnes. Les organisateurs ont pris le parti d'en faire une nowificonf, ce qui nous a permis d'écouter les autres sans distractions. Si Django vous intéresse autant que moi, je vous invite donc à vous y rendre en 2012.

Pour revenir au sujet de ce billet, vous trouverez dans mon support un rapide résumé des choses à prendre en compte avant de débuter la conception d'un logiciel ayant un rapport avec la santé en France, plus particulièrement s'il n'est pas hébergé sur site.

La présentation était calibrée sur 12 minutes, elle est donc extrêmement concise. Mais si vous voulez en savoir plus, n'oubliez pas que notre entreprise propose également des formations sur-mesure autour des sujets abordés.

23 décembre 2010

Héberger des données de santé

Envie de proposer de nouveaux outils pour les cabinets médicaux? Une méthode d'analyse géniale pour les médecins réanimateurs? Voilà de beaux projets qui vont sûrement permettre de sauver des vies. Mais pour pouvoir les analyser, vous allez devoir manipuler des données confidentielles. Et pour être plus précis, des données de santé à caractère confidentiel.

Pour s'assurer de l'identité des personnes accédant à ces données, vous devez utiliser la carte de professionnel de santé, la CPS, comme l'indique le code de la santé publique. Et pour connaître les droits d'un assuré, la carte Vitale.

Vous voilà parti pour le monde merveilleux des cahiers des charges, des articles des codes de la santé publique et de la sécurité sociale et des procédures d'homologation et d'agrément. Dans ce monde administratif où les entités ne se parlent pas, vous naviguerez à la lanterne et en solitaire.

Ce bourbier n'est pas inutile. Il permet de s'assurer que les droits des patients sont préservés. Malheureusement, les procédures administratives sont extrêmement mal organisées. Quand des technologies ou protocoles sont précisés, ils sont très souvent dépassés. Alors, à tous les entrepreneurs du web; qui ont l'habitude de cycles de développements très rapides et peu coûteux, voici quelques conseils.

Signez les procédures d'agrément le plus tôt possible

La signature des agréments est un préalable nécessaire à l'accès aux documentations techniques. Et la documentation technique est indispensable à la conception de votre solution.

Vous voulez générer des feuilles de soin électroniques ou lire des informations confidentielles dans une carte Sesam-Vitale ? Il faudra signer la procédure d'agrément du CNDA et du GIE Sesam-Vitale. On vous demandera une caution encaissée de 800 euros au passage.

Vous voulez utiliser la CPS pour authentifier les utilisateurs ? De toute manière, vous n'avez pas le choix. Rendez-vous donc sur la page de commande du KIT CPS et d'achat des licences des librairies cryptographiques de l'ASIP Santé. Prévoyez un budget d'environ 400 euros.

Analysez la documentation avec soin

Vous disposez maintenant d'environ 6000 pages de documentation sous format PDF. Lisez tout, ne laissez aucune annexe de côté, les informations et détails importants se trouvent souvent dans une ligne perdue entre deux paragraphes anodins.

Les 13 et 14ème travaux (numériques) d'Hercule

Si vous croisez un tableau d'une douzaine de colonnes et de plusieurs centaines de lignes dans un pdf, ne tentez pas de le copier/coller. C'est impossible. Le GIE et le CNDA ne vous communiqueront pas de version exploitable (xls ou doc), de peur que vous puissiez le modifier.

Votre secrétaire vous haïra probablement, mais faites lui recopier manuellement ce tableau. Dans le cas de Sesam-Vitale, les données contenues dans les tableaux sont toujours très importantes. Elles permettent en effet de calculer les taux de remboursement ou les prix des actes... une erreur de virgule peut avoir des conséquences assez graves.

Les données entre acteurs de la santé sont souvent échangés via NOEMIE, un protocole défini par les caisses d'assurance maladie et hérité... du COBOL. Prévoyez de développer un module pour formatter les fichiers que vous émettrez et pour comprendre ceux que vous recevrez. XML ou JSON resteront dans le domaine de votre réseau local.

Incluez le coût d'un hébergement de données de santé

Si vous le pouvez, déposez un dossier de demande d'agrément d'hébergement de données de santé à caractère confidentiel dès le premier jour où vous penserez à votre idée. Il faut pour cela une structure existant depuis plus de 3 ans et prouver beaucoup de mécanismes de sécurité.

Pour vous donner un ordre d'idée de tarif, les propositions que nous avons reçu pour l'hébergement de données de santé sont en général supérieures de 3 à 10 fois au prix du marché de l'hébergement. Oubliez également les clouds... vos systèmes devront bien évidemment être physiquement dédiés à l'hébergement de données de santé.

Beaucoup de business models souffrent du manque de compétition induit par cet agrément. Alors réfléchissez bien. Dans notre cas, il a fallu revoir nos tarifs finaux à la hausse. Mais est-ce vraiment possible dans votre cas ?

Prévoyez le temps et la main d'oeuvre nécessaire à la validation

Les agréments signés plus tôt nécessitent que vous remplissiez des cahiers de tests assez complets. Prenez le temps de les analyser et surtout, prévoyez les mois/hommes nécessaires à la réalisation de ces milliers d'actions.

Si vous passez l'agrément cartes, ma société édite un outil permettant de centraliser et de suivre les tests Sesam-Vitale passés par votre solution et de générer les supports de rendus... résultant en gain de temps très important. Nous dispensons également des formations à l'architecture logicielle des solutions Sesam-Vitale et à la procédure d'agrément. Contactez nous pour plus d'informations.

Un dernier conseil : ne laissez pas la masse administrative vous étouffer. Votre idée vaut probablement le coup... si les coûts de réalisation et surtout d'exploitation sont trop élevés, n'oubliez pas qu'il existe un marché en dehors de la France.

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  • bletofarine : Tu as raison, les slides sans le discours ne sont lire la suite
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  • crohr.myopenid.com : Classe ! A quand des photos de votre "maison" et lire la suite
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